Peur ou phobie : quand notre cerveau prend les commandes

Avoir peur est une réaction humaine, naturelle et utile. La peur nous protège, nous alerte et nous permet de réagir face à une situation que notre cerveau identifie comme potentiellement dangereuse.

Mais parfois, cette peur prend une autre dimension. Elle devient tellement intense qu’elle nous dépasse, nous prive de nos moyens et peut nous donner l’impression de ne plus avoir aucun contrôle.

C’est là que l’on peut parler de phobie.

La peur : une émotion que l’on peut encore maîtriser

Nous avons tous des peurs.

Peur de prendre l’avion, peur de parler en public, peur de certains animaux, peur du vide, peur d’être enfermé…

Dans une peur, même si l’émotion peut être forte, nous conservons généralement une certaine capacité à raisonner et à agir consciemment.

On peut se dire :

« J’ai peur, mais je sais que je peux le faire. »

Le conscient garde encore une place dans la décision. On peut essayer de se rassurer, de respirer, de relativiser, de rester malgré l’inconfort.

Mais lorsque la peur devient phobique, cette possibilité de reprendre le dessus peut disparaître.

Quand l’instinct de survie prend les commandes

Dans certaines situations, l’intensité de la réaction est telle que notre système de survie prend les commandes.

Il ne s’agit plus simplement de penser :

« Cette situation me fait peur. »

Le corps et le cerveau réagissent comme s’il y avait un danger immédiat.

Fuir, se figer, crier, trembler, être tétanisé… ou parfois au contraire devenir agressif et lutter : ce sont différentes façons dont notre organisme peut chercher à nous protéger.

Le fameux « lutter, fuir ou se figer » peut alors prendre le dessus.

Et dans ces moments-là, ce n’est plus une question de volonté.

Ce n’est pas parce qu’une personne sait rationnellement qu’une araignée est inoffensive qu’elle va pouvoir empêcher son corps de réagir lorsqu’elle en voit une.

Ce n’est pas parce qu’elle sait qu’un avion est un moyen de transport sûr qu’elle va pouvoir empêcher son cœur de s’emballer au moment du décollage.

La raison sait. Mais le système émotionnel, lui, a enregistré autre chose.

Pourquoi certaines situations deviennent-elles phobiques ?

Une phobie peut être associée à une expérience vécue, parfois clairement identifiée, parfois beaucoup moins consciente.

Une situation peut avoir été associée à une émotion particulièrement forte : peur, impuissance, danger, perte de contrôle, panique…

Et cette association peut ensuite continuer à se déclencher, parfois longtemps après que le danger initial a disparu.

C’est comme si le cerveau avait appris :

« Cette situation = danger. »

Même lorsque, dans le présent, ce danger n’existe plus.

La réaction peut alors sembler disproportionnée par rapport à la situation réelle.

C’est précisément là que le travail thérapeutique peut avoir du sens : ne plus subir automatiquement une réaction qui appartient au passé, mais permettre au cerveau et au corps de réapprendre une autre manière de répondre dans le présent.

Les phobies se travaillent

Phobie des araignées, peur de l’avion, vertige, claustrophobie, phobie sociale, peur de conduire, peur de prendre l’ascenseur…

Il existe de nombreuses formes de phobies et elles peuvent avoir un impact considérable sur la vie quotidienne.

Éviter certains lieux, certaines situations, certains déplacements ou certaines activités peut progressivement devenir épuisant.

Mais une phobie n’est pas une fatalité.

Elle peut se traiter.

L’objectif n’est pas de vous faire aimer ce qui vous fait peur.

Si vous avez peur des araignées, personne ne va vous demander de vouloir en adopter une comme animal de compagnie !

L’objectif est plutôt de vous permettre de retrouver une capacité de choix et de contrôle là où, jusqu’à présent, la réaction émotionnelle vous échappait.

L’hypnose : retrouver d’autres ressources

L’hypnose permet d’utiliser un état de conscience modifié, naturel, pour travailler différemment avec les mécanismes émotionnels et inconscients.

Dans cet état, le travail thérapeutique peut permettre d’aller à la rencontre des mécanismes émotionnels qui entretiennent certaines réactions.

Il ne s’agit pas simplement de « supprimer » une peur.

Il s’agit de permettre au cerveau de faire évoluer une réponse qui n’est peut-être plus adaptée à la situation actuelle.

Certaines émotions, certains apprentissages ou certaines associations peuvent continuer à occuper énormément de place et empêcher l’accès à des ressources pourtant déjà présentes en nous : calme, confiance, capacité de réflexion, sentiment de sécurité, contrôle, adaptation…

Le travail consiste notamment à réactiver ces ressources et à permettre qu’elles puissent reprendre leur place.

Reprendre le contrôle, sans lutter contre soi-même

Une phobie n’est pas un manque de courage.

Et lutter contre une réaction phobique en se répétant « il faut que j’arrête d’avoir peur » suffit rarement.

Parce que le problème n’est justement pas toujours conscient.

Le cerveau peut avoir appris à réagir avant même que nous ayons eu le temps de réfléchir.

Le travail thérapeutique permet alors d’aller explorer cette réaction autrement, avec l’objectif de retrouver davantage de liberté face à ce qui, auparavant, semblait incontrôlable.

Ne plus être obligé de fuir.

Ne plus être paralysé.

Ne plus subir automatiquement.

Pouvoir choisir sa réaction.

C’est cela, retrouver du contrôle.

Vous n’êtes pas votre phobie

Une phobie peut donner l’impression qu’elle fait partie de vous, qu’elle est incontrôlable et qu’il faudra vivre avec.

Pourtant, une réaction apprise peut aussi évoluer.

Vous n’avez pas besoin de devenir quelqu’un qui n’a plus jamais peur.

Vous pouvez simplement apprendre à ne plus laisser la peur décider à votre place.

Si une phobie vous limite dans votre quotidien, il est possible d’être accompagné pour travailler sur cette réaction et retrouver progressivement davantage de liberté et de sérénité.

Si une phobie vous empêche d'avancer, vous pouvez réserver un premier rendez-vous au cabinet pour en discuter sereinement.


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